Port-au-Prince | 23 juin 2026 – Le gouvernement de facto dirigé par Alix Didier Fils-Aimé a finalement fait marche arrière dans le dossier relatif aux contrats de construction et de gestion de trois établissements pénitentiaires, après le refus de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif de valider les documents soumis à son examen.
Selon des informations obtenues par Métronome, le Ministère de la Justice et de la Sécurité publique a officiellement notifié le retrait de la démarche gouvernementale, mettant ainsi un terme, du moins temporairement, à une procédure qui suscitait de nombreuses controverses.
La CSCCA oppose un refus
Au cœur de la polémique se trouvait un projet de contrat attribué à la firme Metric Correctional Facility, dans des conditions dénoncées par plusieurs secteurs comme étant contraires aux règles de passation des marchés publics et aux exigences de transparence administrative.
Face aux irrégularités relevées dans le dossier, la CSCCA aurait refusé d’accorder son approbation, estimant que les procédures suivies ne répondaient pas aux normes légales et administratives requises pour engager l’État haïtien dans un projet d’une telle ampleur.
Un revers pour l’Exécutif
Pour plusieurs observateurs, cette décision constitue un revers important pour le pouvoir de facto, accusé depuis plusieurs mois de vouloir faire avancer certains dossiers stratégiques sans les mécanismes habituels de contrôle et de vérification.
Des critiques affirment que le Premier ministre aurait manifesté une volonté particulière de voir aboutir ce contrat malgré les réserves exprimées par divers secteurs et malgré les interrogations portant sur le respect des procédures administratives.
Une victoire pour les mécanismes de contrôle
Dans ce contexte, la décision de la CSCCA est perçue par de nombreux acteurs comme une démonstration du rôle essentiel des institutions de contrôle dans la protection des intérêts de l’État et la prévention d’éventuelles dérives dans la gestion des fonds publics.
Alors que plusieurs dossiers gouvernementaux font actuellement l’objet de débats sur leur transparence et leur conformité aux lois en vigueur, cette affaire rappelle l’importance du contrôle administratif dans un contexte de transition politique marqué par de fortes tensions.
Pour l’heure, aucune indication n’a été donnée quant à une éventuelle relance du projet sous une autre forme ou dans le cadre d’une nouvelle procédure conforme aux exigences légales.
